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Entretien avec Olivier Pâques, part 1
Entretien avec Olivier Pâques, part 2
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Rencontre avec Petr Šabach
Petr Šabach est aujourd’hui l’un des rares auteurs tchèques à vivre de sa plume, dans un pays où l’intérêt pour les écrivains contemporains est en chute libre. Ses grands succès humoristiques, de Hovno hoří (La merde brûle) au tout récent Občanský průkaz (Carte d’identité), ont souvent été portés à l’écran. Vendredi 23 octobre 2009, à l’occasion de son passage à Bruxelles, au Centre d’Etudes Tchèques de l’ULB, l’auteur est revenu sur ses premières années d’écriture sous le régime communiste, ainsi que sur ses inspirations et sa vision de l’écriture.
« Je ne comprends pas les gens qui n’arrivent pas à trouver d’inspiration pour écrire. Des idées, j’en trouve tous les jours dans le métro! », lance Petr Šabach. L’homme est observateur et sa mémoire ne lui fait pas défaut. Il se souvient comment il a commencé à écrire, à 30 ans, dans une Tchécoslovaquie en proie à la censure communiste. Il évoque sa première publication dans une revue, pour laquelle il reçoit 86 couronnes, une somme aujourd’hui équivalente à trois euros. Et en 1983, harcelé par le régime, Petr Šabach doit se procurer toutes sortes d’attestations avant de pouvoir enfin publier son premier recueil de nouvelles. « J’imagine qu’il ne devait y avoir rien d’autre à publier à l’époque », explique modestement l’écrivain. Pourtant, c’est aussi dans les années quatre-vingt qu’il publie son premier grand succès, Jak potopit Austrálii (Comment faire couler l’Australie). Puis, l’année 1989 arrive. Et cinq ans plus tard, Petr Šabach écrit « ce livre dont personne ne voulait jamais prononcer le titre » : Hovno hoří(La merde brûle). « A l’époque, quand une jeune fille voulait se procurer ce livre dans une librairie, elle disait en rougissant "un Šabach, s’il vous plaît!" », se souvient l’auteur en souriant.
Ce n’est pas un hasard si l’un des succès de Petr Šabach se nommeBabičky (Les mamies, qui a été traduit en français). Sa propre grand-mère lui a donné le goût de l’imagination. Dans les rues de Prague, elle demandait toujours aux soldats « kampak, vojáčku? » (« où vas-tu, mon petit soldat? »). « Moi, j’avais honte, je ne leur demandais rien », explique Petr Šabach, dont le père était aussi soldat de carrière. « En revanche, j’imaginais où ils allaient. » L’écrivain s’inspire majoritairement des années de sa jeunesse. Il se souvient des rapports entre ses grands-parents paternels et maternels pour décrire dans une nouvelle les déboires de deux familles, l’une adhérant aux idées du communisme et l’autre plus intéressée par l’Occident.
En 1999, Pelíšky, une adaptation cinématographique de plusieurs nouvelles et contes de Petr Šabach, a connu un immense succès en République tchèque : les jeunes générations en connaissent plusieurs extraits par cœur. D’autres films tirés de son œuvre sont également très populaires, parmi lesquels Šakalí léta (Des années de chacal) en 1993 et dix ans plus tard, Pupendo. Pourtant, les sentiments de l’auteur sont partagés lorsqu’il évoque son rapport à l’univers du cinéma. « S’il n’y avait pas ces films, mes livres ne se seraient pas aussi bien vendus », avoue-t-il. « Mais ces adaptations ne m’ont pas vraiment satisfait. Je les aime bien mais je trouve qu’à cause de l’image, tout est pétrifié, rien ne peut évoluer, c’est dommage. En même temps, je me demande comment j’aurais fait ces films, j’en serais bien incapable! »
La nouvelle est la forme de prédilection de Šabach, qu’il aime à présenter par le biais de courts récits successifs. Autre particularité : son écriture est empreinte d’un tchèque familier, une langue de tous les jours, authentique. Quant à ses inspirations littéraires, elles viennent de grands écrivains tchèques du vingtième siècle comme Bohumil Hrabal et Ladislav Fuks. Plus récemment, des auteurs contemporains tels que Lubomír Martínek et Libuše Moníková ont retenu son attention. « J’aime particulièrement les écrivains qui ont exercé d’autres métiers, comme Hemingway qui était boxeur », confie Petr Šabach qui a lui-même vécu de divers petits boulots. Mais la véritable source d’inspiration de l’écrivain, ce sont les anecdotes vécues et les histoires amusantes entendues autour d’une bière. « Il suffit d’observer attentivement », résume-t-il. C’est certainement ce qu’il a fait durant les quelques jours qu’il a passés en Belgique, en découvrant Bruxelles, Gand et Bruges. « A Bruxelles, j’adore les galeries mais ce que je préfère, c’est marcher dans les rues », raconte-t-il.
A Prague, Petr Šabach enseigne l’écriture créative à l’Académie littéraire Josef Škvorecký. Lorsqu’un étudiant se plaint de ne pas trouver d’idée, son professeur lui en fournit une à partir d’une anecdote vécue le jour-même. L’observation, toujours l’observation. Et sans doute beaucoup de talent, pour surmonter les difficultés : « l’écriture, selon moi, c’est ce qui reste de l’eau que vous tenez dans vos mains quand vous l’avez portée à votre bouche. Il faut commencer à écrire avec l’image d’une cathédrale dans la tête, pour espérer terminer avec un nid d’oiseau. »
LOUIS DARMS
Entretien avec Olivier Pâques, part 1
Monsieur, Frère du Roi est le quatrième tome des aventures de Loïs, dernier né des personnages romanesques de Jacques Martin. L’intrigue se déroule à la fin du XVIIe siècle, autour d’un Louis XIV à l’apogée de son règne. Loïs Lorcey, jeune aide-décorateur et apprenti peintre employé au château de Versailles, est remarqué par le roi qui lui confie toutes sortes de missions. Dans ce quatrième tome, Loïs enquête sur l’affaire des poisons qui mêle meurtres, scandales et troubles d’une époque revisitée par le scénariste Patrick Weber et le dessinateur Olivier Pâques.
Né en 1977 à Uccle, Olivier Pâques a suivi trois années d’études à l’institut Saint Luc de Bruxelles. Remarqué par Jacques Martin, il collabore à deux épisodes de Lefranc, puis se voit confier le personnage de Loïs Lorcey. Pour le premier tome de la série, Olivier Pâques a reçu le Prix d’avenir du festival de Saint-Gilles en 2004.
Culture&Dépendances :
Pourquoi avoir choisi de collaborer à la série Loïs alors que Jacques
Martin vous proposait plusieurs personnages?
Olivier Pâques : Je n’ai pas choisi! Jacques Martin a choisi pour moi. L’autre personnage était Doug, un héros du début du XXe siècle, sorte de Rouletabille. Un autre registre, donc, plus humoristique. J’ai fait des essais pour Jacques Martin et il a choisi ceux de Loïs. Pourtant, cela me faisait peur, Versailles. Je ne connaissais pas vraiment. J’avais des préjugés, je ne voulais pas forcément faire cela.
C&D : Pourtant, aujourd’hui Versailles vous est familier, c’est un lieu indissociable du personnage de Loïs.
O.P. : Oui, à chaque fin d’album, Loïs retourne à Versailles après ses voyages. Et dans ce quatrième tome, il y passe beaucoup de temps.
C&D : Considérez-vous que vous faites un travail d’historien?
O.P : En fait, je me suis intéressé à Versailles au fur et à mesure de mes recherches. Je commence à en avoir une bonne connaissance. Et puis, il n’y a pas que Versailles, il y a beaucoup d’autres châteaux dont je peux m’inspirer, puisque mon travail implique des notions de style. Dans le prochain album, Loïs ira dans un château au bord de la Seine, un lieu complètement inventé. Parfois, je dois faire de la spéculation sur base de mes recherches. A Versailles, la galerie des glaces n’a pas changé mais pour la chambre du roi, il a fallu que j’imagine à quoi elle pouvait ressembler, grâce à des descriptions, à des exemples d’autres châteaux… C’est un peu audacieux peut-être mais avec tout ce que j’ai appris, je sens que je peux me lancer.
C&D : Par exemple?
O.P.
: Les tableaux de la chambre de Louis XIV, telle qu’elle était à
l’époque. J’ai beaucoup cherché pour les trouver tous. Ou encore, la
petite salle où le roi reçoit Loïs. Je pouvais l’imaginer complètement.
Au départ, je n’ai pas d’idée précise, puis je me documente et alors,
je peux voir où le personnage va évoluer. Je me souviens des miroirs de
Versailles, c’était un travail fou.
C&D : Vous semblez avoir apporté un sens extrême du détail à la série. C’est l’impression que donnent les graffitis dans les rues du Paris que vous dessinez, avec les fautes d’orthographe, les « mort aux cons »...
O.P. : L’idée m’est venue en voyant la fontaine des Innocents couverte de tags, et aussi tous ces graffitis dans le feuilleton Rome. J’ai pensé que cela allait choquer le comité de lecture mais non. Ils m’ont juste demandé si le terme « con » était utilisé à l’époque. Je savais qu’il l’était, parce que Madame de Montespan qualifiait parfois Madame de Maintenon de « vieille conne », pour changer d’insulte de temps en temps. J’ai aussi retrouvé, dans des gravures populaires, plusieurs fautes d’orthographe. Au niveau des détails d’ordre technique, je discute beaucoup avec le scénariste. Par exemple, il écrivait à un moment : « Loïs court à toute vitesse dans un couloir ». Or, à Versailles, il n’y a pas de couloirs ; les pièces se succèdent directement. Ou alors, des couloirs tout petits, rien qui permette vraiment d’y courir. Ça peut avoir l’air banal comme cela mais ce sont des discussions très utiles pour nous. Et je découvre tellement de choses! En observant le Paris de l’époque, je me dis, tiens, les maisons étaient si hautes que cela? Oui, on cherchait déjà à optimiser l’espace. C’est ce genre de détail qui me semble important.
Propos receuillis par LOUIS DARMS
Entretien avec Olivier Pâques, part 2

C&D : Quelle personnalité voulez-vous donner à Loïs à travers vos dessins? Est-il un héritier d’Alix?
O.P. : Tout l’intérêt de travailler avec Jacques Martin sur un nouveau personnage, c’est qu’il y met toute son énergie. Alors, oui, Loïs a les mêmes qualités de héros de bande dessinée qu’Alix : il est idéaliste, voire utopiste, justicier mais aussi franc-tireur. Ils sont tous deux très jeunes. Mais il y a quand même une différence : la vie sexuelle de Loïs est beaucoup plus mise en avant. C’est Jacques Martin qui l’a voulu. Vous comprenez, il y a un problème avec Alix. On ne peut pas lui faire faire n’importe quoi. C’est comme avec Tintin. On ne peut faire que des suggestions, comme quand il est écrit que Cléopâtre « remercie » Alix, à la fin d’un épisode. Loïs est bien plus libre à ce niveau. Mais bon, ce n’est pas pour autant qu’on va tenter à tout prix de lui faire avoir une nouvelle aventure à chaque tome… Concernant les réactions du personnage, j’en discute beaucoup avec le scénariste. Je pense aux réactions que j’aurais eu à vingt ans. Loïs est évidemment incorruptible, quitte à prendre des risques. A l’époque, j’imagine qu’on était mature plus tôt qu’aujourd’hui. On envoyait les jeunes à la guerre dès leurs quinze ans. Loïs sait se battre. L’idée était d’en faire un duelliste honorable et non redoutable. Il se débrouille mais il n’est pas toujours à l’aise dans un combat. En tout cas, ce n’est pas un avatar complet d’Alix.
C&D : Oui, à commencer par ses cheveux qui ne sont pas blonds! Comment participez-vous à la colorisation des albums?
O.P. : Je suis daltonien, ce qui rend le métier de coloriste difficile. J’ai fait des essais, quand je travaillais sur Lefranc, mais ce n’était pas concluant. Je ne pense pas en couleurs quand je dessine, je pense en noir et blanc. Puis, je donne des directives. Les détails, la pierre de calcaire pour tel édifice, le bois pour tel autre... J’explique en quelle matière chaque élément du décor est fait. Parfois, j’utilise des crayons de couleur pour bien montrer les distinctions.
C&D : Les critiques ne manquent pas d’éloges sur votre trait. Quelles sont vos influences, mis à part Jacques Martin? On cite Marc-Renier…
O.P. : Oh, c’est très flatteur d’être comparé à Marc-Renier! Il fait partie de ces dessinateurs scandaleusement doués. Mais pourquoi on me compare à lui? Peut-être parce qu’il a fait une histoire sur le Masque de fer. En tout cas, je ne l’ai absolument pas fait exprès! Je ne cherche à imiter personne. Jacques Martin, je l’ai lu dans la bibliothèque de mon père. Le premier album que j’ai acheté, les premiers 200 ou 300 francs belges que j’ai investis dans une bande dessinée, c’était pour Alix, Le Cheval de Troie. C’est encore aujourd’hui le volume que j’apprécie le plus.
C&D : Avez-vous toujours été attiré par la bande dessinée classique, historique? Est-ce votre style?
O.P. : J’ai toujours été passionné d’histoire. Et pendant mes années à Saint Luc, la voie classique était la plus logique. Je n’ai jamais brillé par mon inventivité graphique durant mes études. Je suis plutôt du genre à prendre mon temps et attendre pour revenir sur les codes que j’ai appris. Pour l’instant, je ne me sens pas apte. C’est risqué de vouloir adopter un style quand on est encore jeune. Il me semble que Hugo Pratt a commencé par imiter le style Milton Caniff, vous savez, les pin-up pour les soldats américains. Ce n’est absolument pas condamnable de vouloir maîtriser un art de manière académique pour en exploser les codes par la suite. C’est ce qu’a fait Picasso! Je me méfie vraiment de ce postulat qui veut que les jeunes doivent casser la baraque immédiatement. Je crois davantage en une lente maturation du style.
C&D : La bande dessinée, vous en avez toujours voulu faire votre métier?
O.P. : Je me suis fixé en classe de rhéto. J’aime le côté narratif de la bande dessinée. Dans Le Code Noir, j’ai vraiment eu le sentiment d’avoir voyagé avec mes personnages, d’avoir complètement décroché pendant quelques heures.
C&D : On sait déjà que le prochain Loïs se déroulera à Rome, et qu’une réédition des trois premiers tomes est prévue pour le 13 mai. Le succès semble au rendez-vous. Pensez-vous que Loïs puisse connaître autant d’aventures qu’Alix?
O.P. : Je l’espère vivement. La période est très riche. A ce propos, nous suivons le même procédé qu’Astérix, nous nous sommes fixés une période précise pour l’action, qui est l’année 1682. Au départ, Jacques Martin voulait une histoire en Louisiane, en 1675. Mais j’ai fait remarquer que la Louisiane n’avait pas été nommée avant 1682. C’est donc l’année que nous avons choisi et cela s’est avéré une excellente idée, car il s’est passé beaucoup de choses dans le monde en 1682 : le couronnement plus ou moins fantoche de Pierre Le Grand, le siège de Vienne, les relations avec la Turquie… Loïs pourrait donc aller en Russie, en Turquie, etc. Des personnages emblématiques étaient en vie cette année-là, la reine, la princesse palatine, Montespan et Maintenon… Et surtout, le Versailles qu’on connaît aujourd’hui était quasiment construit! En situant l’action en 1675, on aurait connu les pires difficultés, Versailles n’était pas le même. Et puis, en 1682, on sent que les choses étaient en train de basculer. Pas encore, mais presque. Il y a donc matière à d’autres récits… Si le lecteur en veut bien, la série se poursuivra!
C&D : Et vos projets à vous?
O.P. : J’ai beaucoup d’idées. Rome m’a donné envie de faire une bande dessinée sur les guerres puniques. J’ai aussi dans la tête une histoire de marine, suite à la lecture d’un roman. Je ne lis pas beaucoup mais si un livre me plaît, j’ai tout de suite envie de l’illustrer. Si Loïs doit devenir secondaire un jour dans mon travail, j’espère que ce n’est pas pour bientôt. Pour l’instant, il me prend du temps et me passionne !
Propos receuillis par LOUIS DARMS
Monsieur, Frère du Roi, 48 pages, 10 €
Auteurs : Jacques Martin, Patrick Weber, Olivier Pâques
Date de parution : 25/03/2009
Editions Casterman
Photo © Casterman 2009
Rencontre avec Xavier Löwenthal
Entrevue avec Xavier Löwenthal, à l’occasion de l’exposition de la maison d'édition « La 5eCouche » (anciennement, un collectif d'artistes) à la galerie Petits Papiers
Culture & Dépendances :
Beaucoup d’œuvres de l’exposition sont des dessins inscrits dans une suite
narrative. Quelle est la différence entre ce genre de dessins et un dessin
isolé ?
Xavier Löwenthal : La 5e Couche
est issue du monde de la BD. Le dessin de bande dessinée est un dessin qui
s’inscrit dans une suite narrative mais qui a aussi plusieurs fonctions. Une de
ses fonctions est de faire en sorte que le lecteur passe assez rapidement à l’image suivante. De plus,
ces images racontent une histoire. Ce sont des fonctions qu’on refuse
partiellement à la 5eCouche. En réalité, on raconte assez peu d’histoires. On a juste le goût pour
le rythme, la musique. La BD se définit d’abord par l’articulation, d’images
et, éventuellement, de mots. Il peut y avoir une histoire, mais ce n’est
vraiment pas nécessaire. En ce qui concerne l’image isolée, on ne peut pas
créer de rythme, de mouvement dans une seule image.
C&D : S’il n’y a pas forcément une histoire. Quel est le propos
des livres édités par la 5e Couche ?
X.L. : Ca dépend des intentions, Chaque travail est fait à partir
d’intentions particulières. On parvient à des résultats qui sont, en général, à
coté de l’intention. C’est normal, en art, c’est comme ça. On ne peut pas
prévoir. Le fait de faire des images narratives est aussi une motivation :
quand on a fait une image, il faut faire la suivante.
Ce que les autres publient, on ne publie pas. On publie ce qu’on considère
comme devant être publié. C’est de l’ordre de l’évidence ! On le sait.
Au départ, ça partait d’un certain ennui de ce qui se faisait dans
l’édition. Ensuite, le phénomène indépendant a pris son essor. Aujourd’hui, on
peut avoir l’impression de pouvoir s’épanouir en tant qu’auteur ou artiste dans
les formes admises par le mainstream. Il n’y a plus seulement du Van
Hamme et du Bourgeon. A cela s’est ajouté du Sfar, du Trondheim,… Ca a l’air
plus ouvert qu’avant.
C&D : En ce qui concerne votre travail personnel. Pourquoi
variez-vous autant de styles (plume, aquarelle, feutre, crayon, huile…)?
Aujourd’hui, je travaille avec ce qui est a ma portée sur le bureau. Que
ce soit un bic ou les magic colors des enfants.
C&D : Quelles sont vos influences artistiques ?
X.L. : En BD, il y a peu d’auteurs qui m’ont marqué. Francis Masse
m’a vraiment impressionné. Il y a aussi beaucoup d’auteurs contemporains que
j’aime beaucoup. Mais, en fait, je lis très peu de BD. Je passe, sans doute, à
coté de beaucoup de choses. Mes influences sont plutôt à chercher dans
l’art plastique, dans l’art contemporain, dans la littérature allemande et
russe. Le nouveau roman a été une influence, à un moment donné, en tant que
puristes de la construction/déconstruction. La BD est un art contemporain comme
un autre. Et un art contemporain s’inscrit dans le monde contemporain. Le monde
contemporain, ce n’est pas que l’art. Ca passe par les cinq sens, par
l’économie aussi. On vit dans un contexte économique et politique et cela a une
influence sur ce qu’on fait, même si ce n’est pas forcément de l’art engagé. Dans
ce monde, il y a des formes qui apparaissent. Ca peut être la danse, la
performance, le slam. Tout ça va nourrir mon vocabulaire graphique, esthétique
et mes prises de position.
Propos recueillis par CHRISTOPHE DEVRIENDT et GABRIEL HAHN
Photo: Jean-No
Exposition : jusqu’au 8 mars 2008
Galerie Petits Papiers. 1, place Fontainas. Ouvert du lundi au samedi de 10h à 18h30.
La 5e Couche: www.5c.be
La culture selon Marc Meganck
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