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Interview de Sexy Sushi
Samedi 11 mai dans la nuit, Sexy Sushi était sur scène à Bruxelles, invité au Recyclart par « Buzz On Lips ». Entourés d’une demi-douzaine d’autres groupes, les deux Français de l’Ouest, Mitch Silver et Rebecca Warrior, étaient attendus de pied ferme par leurs fans. Leur réputation de scène les précédait : leurs basses et leurs paroles, aussi colorées que les couloirs du Recyclart, n’ont laissé personne indifférent. Sexy Sushi, le duo très « olé-olé » qui grimpe les échelons (sans l’admettre !) et qui défend les chevaux.
Culture&Dépendances : C’est la deuxième fois que vous jouez à Bruxelles. La ville vous plaît ?
Rebecca : Je ne connais que les salles. En Belgique, j’ai joué dans cinq endroits différents.
Mitch
: En tant que membres de Sexy Sushi, nous avons joué deux fois en
Belgique. La première fois, c’était à Liège, la deuxième à Bruxelles.
C&D : Vous êtes catalogués « Electroclash », avec des influences comme Le Tigre ou Gogol Premier…
Rebecca : Ah non, on est cités comme « Electroclash » mais nous, ce qu’on fait, c’est de la « Maquina Putain ». On l’a inventée et on en est les seuls représentants. Le Tigre, ça ne vient pas nous non plus. Mais Gogol Premier, oui, ça me semble suffisamment agressif ! On est hyper agressifs !
C&D : Quelle importance accordez-vous à votre jeu de scène ?
Mitch : Aucune ! On est comme ça naturellement. Si le public a envie de s’amuser, nous aussi.
Rebecca :Je déteste les concerts trop propres, léchés, sans impro. Mais bon, la
dernière fois, on a joué seulement un quart d’heure parce que j’ai
renversé une bouteille d’eau sur l’ordi.
Mitch : C’est
la première fois que ça nous arrivait… Une erreur de jeunesse ! Le
groupe n’a que six ans. Quand tu vas voir un concert de Sexy Sushi, tu
ne sais pas ce que tu vas voir…
Rebecca : Et nous, on ne sait pas ce qu’on va faire.
C&D : Quel matériel utilisez-vous ?
Mitch : Un ordinateur Toshiba ! Toujours Toshiba ! Et des logiciels de 1998. On n’est pas trop matos, il faut pouvoir rester mobile.
C&D : Comment qualifiez-vous votre relation avec le public ?
Rebecca :Fusionnelle ! Tellement fusionnelle que si je pouvais, je balancerais
des grenades dans le public. Un concert de Sexy Sushi, je vois ça comme
un volcan. Je suis armée, sur scène (rires). Comme derrière un guichet
de la Poste.
Mitch : Moi, je
vois ça plutôt comme une jungle. C’est comme si les gens avaient bu du
Pisang Ambon et qu’ils étaient perdus dans une forêt.
C&D : Vous avez une passion pour les chevaux…
Rebecca : Oui,
comme toutes les filles, j’ai adoré les chevaux et les dauphins. J’ai
d’autres passions aujourd’hui, le ski, la moto… Dans la chanson «
Cheval », j’ai voulu défendre les chevaux, toujours très fidèles et
utiles à l’homme. Enfin bon, ce n’est pas parce que j’ai écrit une
chanson sur eux que j’en suis passionnée… Sinon, on pourrait en
conclure que je suis passionnée par les putes et les pédés.
C&D : Vos paroles ne font pas toujours dans la délicatesse…
Rebecca : Mais j’en ai marre des chanteurs qui n’écrivent que sur « l’amour », « la vie », etc. On est les cyniques d’aujourd’hui.
C&D : Et l’avenir du groupe ?
Mitch :Aucun… Ah, si. On sort un album le 6 mai, ça s’appelle « Tu l’as bien
mérité ». Et on va partir sur les routes de France, de Suisse et de
Belgique, pour défendre notre album.
Rebecca : Ou plutôt, pour couler notre album.
Propos recueillis par LOUIS DARMS
Concert au Bota!
Jeudi 11 Décembre 2008 - Concert
Botanique - Rotonde
Phoebe Killdeer (Aus)
20h - Tickets : Vente : 13 € - Prévente : 10 € - Bota'Carte : 7 €
Beau projet que celui de Phoebe Killdeer, la chanteuse de
Nouvelle Vague. Après avoir prêté sa voix à quelques autres groupes
(Bang Gang, Basement Jaxx), l’Australienne sort un projet solo.
Influencée par Tom Waits ou Nick Cave, ses chansons envoûtantes
s’illuminent autant qu’elles ont un côté sombre. Avec sa musique à la
croisée du rock, du jazz et de la soul, Phoebe Killdeer a une prestance
scénique impressionnante. Son premier album «Weather’s coming…» est
sorti en mars dernier.
Video: http://www.getyouractstogether.net/roster.php?artist=10
Les Hurlements de Micah

Micah P. Hinson est un musicien rare, comme il en existe trop peu. Originaire du Texas, cet artiste indie joue un folk mâtiné de country, à moins que ce ne soit l’inverse, de grande qualité. Peu connu du grand public mais encensé par la critique internationale, sa voix tout en gravité et en rugosité a souvent été comparée à celle du légendaire Johny Cash. A seulement 27 ans et malgré son air de premier de la classe, Micah étonne par sa maturité et son assurance. Il faut dire que la vie n’a pas été tendre avec le Texan : problèmes de santé, d’argent et même un petit séjour en prison. C’est sans doute cette expérience de la vie qui a forgé le caractère de ce cow-boy des temps modernes.
C’est le 9 octobre qu’il a posé ses éperons sur la scène de la Rotonde du Botanique. Dès son entrée, on voit que quelque chose ne va pas. Micah P. Hinson semble exténué, à moins qu’il ne soit bourré de calmants, auxquels il est accroc depuis près de dix ans. Le voici accompagné du Red Empire Orchestra composé d’un guitariste et d’une claviériste, qui est aussi sa femme. Après avoir démenti toute référence au communisme avec un accent texan à couper au couteau, les premières notes résonnent dans la salle. Et c’est un concert à la Dr. Jekyll et Mr. Hyde que nous offre le musicien. Des balades folk-country chantées en toute simplicité et efficacité pour le bon côté. Des hurlements très peu mélodiques accompagnées d’une logorrhée de sons beaucoup plus rock pour le mauvais côté. Si l’authenticité et l’émotion sont présentes dans les premières chansons, les deuxièmes donnent une impression de confusion et de mal-être. La rudesse sans la beauté à laquelle nous avait habitués Micah, un écorché vif dans toute sa splendeur et sa noirceur.
CHRISTOPHE DEVRIENDT
Photo © Droits réservés
Cendrillon décoiffe La Monnaie

La Cenerentola ossia la bontà in trionfo, l’un des plus grands chefs-d’œuvre de Gioachino Rossini, créé en 1817, s’invite à Bruxelles dans une version revisitée par le collectif Els Comediants.
Inspirée du célèbre conte de Charles Perrault, l’histoire fait partie de notre imaginaire collectif. La fille des cendres, maltraitée par ses demi-sœurs acariâtres et son beau-père négligent, séduit le beau prince grâce à sa bonté. Mais le regard de Rossini apporte à cette fable un œil critique et ironique sur la bourgeoisie qui en fait une œuvre espiègle. « Cet opéra n’est pas tout à fait fidèle au conte original et délaisse les aspects magiques de transformation de la réalité permettant à Cendrillon de changer son destin mais il conserve la trame dans son intégralité et le concept social de l’original », explique le metteur en scène Joan Font.
Le spectacle commence sobrement en sublimant le jeu de l’orchestre symphonique, dirigé par Marc Minkowski. Cendrillon revêtue de couleurs sombres balaie le château délabré en compagnie de six étonnantes souris jouées par des figurants. La mise en scène s’enflamme crescendo, tout comme le décor et les costumes de Joan J. Guillén. Clorinda et Tisbe, jouées par Raffaella et Giorgia Milanesi, sœurs dans la vie comme sur scène, ouvrent la danse des couleurs. Leurs excentriques habits blancs s’assortiront rapidement à leurs hautes perruques, rose bonbon ou jaune citron. Du prince aux courtisans, tous les personnages semblent sortir d’un dessin animé, se mouvant dans un décor digne d’un magasin de jouets. La cheminée devient une porte, la commode un carrosse, le miroir un tableau et que dire de la monture du prince, cheval bicéphal à roulettes ? Exaltant le tout, les lumières d’Albert Faura colorent le mur du fond qui passe par toutes les nuances de l’arc-en-ciel en transfigurant l’espace.
Ce feu d’artifice visuel s’accompagne d’un régal auditif. Cet opéra, subtilement écrit, nous invite à la découverte de chanteurs aux tessitures variées, de la basse à la soprano. La talentueuse Jennifer Larmore, en alternance avec Silvia Tro Santafé, offre à la Cenerentola sa voix sucrée de mezzo-soprano. Alors que son prince, David Alegret, en alternance avec Javier Camarena, enchante par sa voix de ténor. Un duo en parfaite symbiose qui reflète un amour profond. Dommage que tout semble n’être qu’un rêve arrachant l’héroïne à sa triste réalité.
Finalement, l’histoire n’est qu’un prétexte à l’évasion. L’explosion des sens prend des allures de sachets de bonbons, colorés et acidulés. Le mélange est tel que par excès de gourmandise on frise l’écœurement, ne sachant plus apprécier chaque élément à sa juste valeur. La musique, souvent suave et romantique s’en retrouve légèrement écrasée par cette mise en scène très rock’n roll. A défaut de réellement nous toucher, cet opéra accessible à tous aura eu le mérite de nous replonger en enfance. Comme le dit Cendrillon tout cela n’aura été « qu’un éclair, un songe, un jeu ».
BIANCA FIORA
La Cenerentola ossia la bontà in trionfo, La Monnaie, du 10 au 22 octobre 2008.
Direction musicale Marc Minkowski
Mise en scène Joan Font
Décors et costumes Joan J. Guillén
Eclairages Albert Faura
Chorégraphie Xevi Dorca
Chef des chœurs Piers Maxim
Cenerentola (Angelina) Jennifer Larmore
Don Ramiro David Alegret
Dandini Nikolay Borchev
Don Magnifico Donato di Stefano
Clorinda Raffaella Milanes
Tisbe Giorgia Milanesi
Photo © Sebastien Forthomme
Bodies of Water
Concours Culture& Dépendances en partenariat avec Le Botanique
Gagnez 1 place pour assister au concert de Bodies of Water le 21 octobre au Botanique
Pour participer, veuillez envoyer la réponse à la question ci-dessous à contact@cultureetdependances.be le 19 octobre au plus tard
Où est basé le label du groupe Bodies of Water ?
Bodies of Water (USA)
A l’écoute du disque, on a l’impression d’avoir à faire à une fanfare enthousiaste ou aux Chœurs de l’Armée Rouge. Bodies of Water n’est cependant constitué que de quatre membres ! Les jolies mélodies, les harmonies vocales et les cuivres bien en place ne sont pas sans rappeler Arcade Fire. Signés sur le label Secretly Canadian, les Californiens viennent de sortir leur deuxième album «A certain Feeling».
David: singing / guitar
Meredith: singing / organ
Kyle: singing / bass guitar
Jessica Conklin : singing / drums
Le Botanique
236 rue Royale,
1210 Bruxelles
Infos : www.botanique.be ou 02/218 37 32
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