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Zouk, Zouk...Kassav’!

Saturday night on the festival grounds, twelve apostles of Zouk held mass at Titan stage for the pleasure of one and all. Their infectious rhythms move from the hips to the lips. Kassav’ are not new to the scene, but you would never know it. Not the least fatigue to be seen. Sunny, rhythmic, and brass-banded, the Zouk sound is a fountain of youth, an invitation to party, the sweet scent of love, an ode to the Antilles and tlife itself.
“We’re going to need you for this one, get ready!” The crowd complies without hesitation, all hands in the air together. Clouds part for this “sun which brings us joy every beautiful day”. From back to front, the stage is full and the set smooth and flawless. Front-center stage, the women dance, lots of hips and lots of grace. Behind them, the brass shine brightly, dancing together in their own rhythm. This music is enchanting, a sensual pleasure, and a joy sprung from effervescence.
A pleasant surprise on the grounds of Colour Café, which is never stingy on different sounds from abroad.
GABRIEL HAHN
Translated by K. ELIOT
Photo: © Jean Barak
Omar Perry @ Couleur Café

No point in presenting this son of Lee who is not so much so. Better to cut straight to the vibrations eminating from the stage. After friday night, we had already been treated to some tasty moments. First course, Erykah Badu, splendid in a silver dress giving sweet dreams to all. And, never full, we help ourselves to seconds. Cut a slice of Omar Perry and his frenzied raggaton.
Full of life, rhythm, rage, and love, this sound is high on good vibes. Take Rasta Meditation and the crowd jumping around in unison. He is one man, jumping and flirting with the ceiling. At the end of the song, he is crouched and seems to pray. Next course? Not to worry. Omar is dishing out plenty of promise. He bends rhythms to his command. Sycapated piano opens a firey ragga which finishes in a nice classic reggae. ‘I’m gonna give you somethin’ special,” and he keeps his word. Far from cloistered by the sounds of his father, he knew to create his own universe. He plays with the saxophonist, throwing his hat to the sky. Everyone else too, it’s hard to resist. A feigned end of concert is rewarded by an additional half hour of exceptional tunes, highlighted by a cover of Redemption Song.
The crowd was fired up, colored up, and ready to welcome the griot of african reggae Tiken Jah Fakoly, in a few hours. Our mouths already watering, we head out to the Rue du Bien Manger to chow down. Come one, come all! Smell the exotic parfumes of cuisine from every corner. Sink your teeth into that juicy apple offered by Couleur Café!
GABRIEL HAHN
Translated by : K. ELIOT
Knock le Zouk
Samedi soir sur la Terre du festival, douze apôtres du Zouk investissent la scène Titan. Pour le plaisir des petits et grands. Son communicatif, qui fait tancer les hanches et dessine les sourires. Kassav' n'en est plus à son coup d'essai, et pourtant impossible de déceler le moindre poids des années. Toujours aussi ensoleillé, rythmé, cuivré, le son du Zouk reste une source de jeunesse, une invitation à la fête, un doux parfum d'amour, une ode aux Antilles et à la vie.
"On aura besoin de vous, mettez vous en position", le public s'exécute sans résistance et les mains se lèvent toutes ensemble. Un bain de lumière, ce "soleil qui nous rend heureux chaque fois que les beaux jours arrivent". Avant et arrière scène se complètent dans ce set bien rôdé. Au premier plan, les femmes dansent, jouent des hanches, pleines de grâce. Derrière elles, les cuivres resplendissent, ils se balancent d'un même mouvement. Cette musique est un enchantement, un plaisir des sens, joie de l'effervescence.
Petite parenthèse enchantée sur les terres de Couleur Café, jamais avare de voyages, de rencontres et de lointaines contrées.
GABRIEL HAHN
Photo: © Jean Barak
Omar m'a tué

Inutile de présenter ce fils de qui ne l'est finalement pas tant que ça. Mieux vaut directement se frotter aux vibrations qu'il dégage sur scène. Vendredi soir nous avait déjà régalé de moments succulents. Jamais rassasiés, resservons nous. Après Erykah Badu, splendide dans sa robe argenté, qui nous a offert son lot de félicité, voguons vers Omar Perry et son Ragga endiablé.
Plein de vie, de rythme, de rage et d'amour avec ce son ivre de bonnes vibrations. Rasta meditation et le public vibre à l'unisson, tel un seul homme, il saute et flirte avec le plafond. A la fin de la chanson, il se recueille et semble prier. Pour la fin de la soirée? Pas d'inquiétude, le set paraît plein de promesses. Omar brise les rythmes, commence piano, alterne avec un bon ragga enragé et fini sur une jolie mélodie reggae. "I'm gonna give you something special". Promesse tenue d'un artiste spécial. Loin d'être enfermé par l'influence de son père, il a su créer son propre univers. Il joue avec son saxophoniste, qui voit son chapeau s'envoler vers le ciel. Nous aussi. Difficile de résister. L'artiste fait mine de quitter la scène. Pour mieux revenir en trombe et offrir une demi heure exceptionnelle, ponctuée par la reprise de Redemption song.
Le public a pris un coup de chaud, des couleurs aussi, tout disposé à accueillir le griot du reggae africain, Tiken Jah Fakoly, dans quelques heures. On en salive d'avance. D'ici là, repartons d'un bon pied, direction Rue du Bien Manger, pour se restaurer. Venez nombreux, sentir ce doux parfum d'exotisme, mordre à pleines dents la pomme si juteuse que Couleur Café nous a concocté.
GABRIEL HAHN
Le village de la solidarité
En cette année européenne placée sous le signe du dialogue interculturel, Couleur Café met l'accent sur les questions liées à l'immigration Sud/Nord. Le Festival soutient des projets présentés au sein du Solidarity Village qui répond en cette édition au nom de nom Clandestino. Quand on parle d'immigration, il faut prendre considération divers éléments: les problèmes dans les pays du Sud qui motivent l'immigration; les contradictions de la politique européenne; le fait que la majeure partie des réfugiés africains le sont en Afrique même; le processus de décision de départ vers l'Europe; le parcours de l'immigré clandestin et enfin la forteresse que constitue l'Europe par bien des aspects.
Quatorze organisations seront présentes sur le village pour présenter leur travail et sensibiliser le grand public: le Centre pour l'Egalité des Chances et la Lutte contre le Racisme, Iles de paix, SOS Villages d'Enfants, Le monde selon les Femmes, Amnesty International, WWF, Croix Rouge de Belgique, Médecins du Monde, Caritas International, Clowns et Magiciens Sans Frontières, Organisation Internationale pour les Migrations, Coordination et Initiatives pour et avec les Réfugiés et Etrangers, Vluchtelingenwerk Vlaanderen, European Council on Refugees and Exiles. On retrouvera également les solidarity projects. Créés en 2005, il s'agit de projets soutenus par le Festival dans les pays du Sud. On verra le Brussels Refugees All Stars, atelier de peinture avec des portraits réalisés par une cinquantaine de jeunes et d'adultes, présentés sur la facade du Peti-Château à partir du 20 juin.
Couleur Café a par ailleurs soutenu Associturi. Cette association, qui soufflera bientôt ses dix bougies, "travaille au Congo pour la promotion et le développement de la région Ituri", souligne Jeanne Bahemurwaki, figure de l'association. Elle explique comment l'association "a eu l'idée de créer un ciné-club à Bunia afin de distraire et de sensibiliser la population locale". Dans quel sens? "Nous souhaitons sensibiliser par rapport au problème des conflits, aux violences faites aux femmes, au SIDA. Nous voulons dire aux jeunes de s'impliquer dans leur société, leur montrer que chacun à son échelle peut faire quelque chose pour aider l'Afrique." Enfin, elle pointe du doigt le fait que l'expertise de migrants qui s'investissent comme elle peut être à la fois un exemple et un moteur. A Bunia, la salle de cinéma est prête, elle n'attend plus que le projecteur qui sera acheminé le 13 juillet pour lancer le projet. Associturi recherche par ailleurs des films à présenter, l'appel est lancé.
Parmi les autres projets, on retrouvera le collectif des Femmes contre l'émigration clandestine qui agit en faveur d'un développement local au Sénégal en lieu et place d'un émigration qui s'avère bien souvent une galère. L'association Fotti, qui met en place des collaborations culturelles entre la Belgique et le Sénégal sera aussi du village. Tout comme Planète Culture, association de camerounais vivant à Bruxelles, et Musique Crossroads qui mise elle sur le développement par la musique. Enfin, le Festival lance le jeu "Todos Clandestinos" (tous clandestins). Chaque festivalier se verra remettre à son entrée sur le site un titre de séjour provisoire. A lui de régulariser sa situation en allant au Solidarity Village où il devra passer cinq épreuves.
De nombreuses et riches initiatives pour faire de ce week-end festif un moment de prise de conscience et d'échange sur une problématique si importante. Une perspective qui ne nous laissera certainement pas ou plus indifférent aux réalités de l'immigration Sud/Nord.
GABRIEL HAHN
Photo: © Couleur Café, Portraits dans le cadre de Refugees All Star
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